L’UMP vient de déclarer que les élections municipales étaient un enjeu national.
Ségolène Royal a relevé le défi.
Si François Bayrou faisait une alliance avec le PS pour les élections municipales ?
Lors du deuxième tour des élections présidentielles, François Bayrou avait dit qu’il ne voterait pas pour Nicolas Sarkozy et il définissait son choix, non pas dans la lignée du TSS (Tout Sauf Sarkozy) qui était assez fortement représentée chez les adhérents du Modem, mais en anticipant, en fait, sur les dérives sarkoziennes auxquelles il ne voulait être mêlé.
Le 09 janvier 2008, lors de la présentation des vœux à la presse François Bayrou a fait une excellente synthèse des huit mois de gouvernance de Nicolas Sarkozy – la presse notamment audiovisuelle a consacré quelques secondes à cet événement !
Vous pouvez voir et lire sa conférence de presse sur le site bayrou.fr.
Juste un extrait pour démontrer la lucidité de son analyse de ne pas « s’associer » avec Nicolas Sarkozy, même si ce choix a été lourd de conséquences dans son propre camp :
« Tous les jours qui passent, je vérifie que cette intention avait de fondé.
Tous les jours qui passent, je vérifie, en tout cas, que les craintes qui étaient les miennes se réalisent les unes après les autres.
Quand on doit juger ces premiers mois, le premier mot qui vient, c’est confusion.
Je veux prendre le sujet qu’on nous disait principal, celui du travail et du pouvoir d’achat... »
Puis suit une analyse pertinente sur la situation actuelle des français.
François Bayrou avait annoncé lors de sa campagne présidentielle qu’il voulait travailler avec les hommes et femmes politiques les plus aptes à redresser le pays- que de sarcasmes essuyés !
Ce point est dorénavant admis : Nicolas Sarkozy a fait choix de conseillers proches du PS et se prépare à continuer. L’ouverture est acceptée par les français.
Vincent Peillon, conseiller proche de Ségolène Royal, enjoint François Bayrou et le Modem de se rapprocher du PS.
Marielle de Sarnez reconnaît qu’il est possible d’avoir un dialogue avec Bertrand Delanoë, alors qu’avec Françoise de Panafieux, elle se heurte à une arrogance de camp politique.
François Bayrou avait eu raison d’accepter un débat avec Ségolène Royal, entre les deux tours des élections présidentielles, il avait eu la sagesse de ne pas appeler à voter pour elle et je n’évoque même pas cet épisode de poste de premier ministre proposé dans un soubresaut d’avant une mort électorale.
Par contre, il faut faire preuve de lucidité – le Modem est à 10% dans les sondages des municipales, ce qui sur le terrain fait très peu d’élus. On ne peut espérer gouverner un pays avec environ 19% aux élections présidentielles. Il y a chez les adhérents du Modem des purs et durs qui pensent qu’avec le temps, le Modem arrivera à imposer ses idées et à gouverner seul la France. Il faut être sérieux, le Modem, notamment après les municipales et les mauvais résultats, va se déliter lentement.
Alors, ces élections municipales pourraient être l’occasion d’instaurer un dialogue avec le PS, qui prêche depuis de longs mois qu’il veut devenir un parti socialiste moderne, avec une vision plus réaliste sur l’économie et pourquoi ne pas envisager même des désistements. Les négociations sont plus faciles avant les élections que dans la hâte du deuxième tour.
Sinon, beaucoup d’électeurs de François Bayrou et même au sein du Modem, auront le réflexe du vote utile et voteront, dès le premier tour, pour la liste de leur choix final.
C’est une piste de réflexion, pour François Bayrou mais surtout pour les adhérents du Modem!!
Mick.
publié sur 20minutes.fr