Marielle de Sarnez à Paris
Marielle de Sarnez et le MoDem veulent créer la surprise à Paris

De gauche à droite Marielle de Sarnez, Philippe Meyer et Syrine Catahier. La députée européenne a présenté les 20 têtes de listes du Mouvement démocrate (MoDem) pour les élections municipales à Paris, où cette proche de François Bayrou espère "créer la surprise". /Photo prise le 14 janvier 2008/REUTERS/Charles Platiau (c) Reuters
Par Elizabeth Pineau
PARIS (Reuters) - Marielle de Sarnez a présenté lundi les 20 têtes de listes du Mouvement démocrate (MoDem) pour les élections municipales à Paris, où cette proche de François Bayrou espère "créer la surprise".
"C'est une équipe formidable qui sait comment créer la surprise et qui va créer la surprise", a déclaré la députée européenne lors d'une conférence de presse organisée dans un cinéma du XIVe arrondissement, où elle est elle-même candidate.
Lors des scrutins des 9 et 16 mars, le parti centriste espère faire fructifier les 20,7% des voix obtenus à Paris par François Bayrou à l'élection présidentielle et les 12,02% recueillis aux législatives - un score bien supérieur aux 7,6% remportés par le parti centriste au niveau national.
Douze femmes figurent sur la liste des 20 candidats du MoDem, composée de personnalités issues de bords divers.
On y trouve trois anciens Verts, (Olivier Pagès dans le XIe, Syrine Catahier dans le XVIIIe et Violette Baranda dans le XIXe), la présidente de Cap 21 Corinne Lepage (XIIe) et l'ex ministre de l'Economie Jean Peyrelevade (XVIe), qui se présente pour la première fois.
Le journaliste et écrivain Philippe Meyer, qui dit ne pas avoir sa carte d'adhérent au MoDem, tente sa chance dans le Ve arrondissement tenu par l'ancien maire de Paris Jean Tibéri. Didier Bariani, président du groupe MoDem au conseil de Paris, conduira la liste orange dans le XXe.
Dans le VIIe, une adjointe divers droite du maire, Véronique Delvolvé-Rosset, se présente sous la bannière MoDem face à la candidate de l'UMP, la garde des Sceaux Rachida Dati.
Au lendemain de la présentation du programme du maire PS sortant, Bertrand Delanoë, Marielle de Sarnez a donné sa vision d'une ville "plus humaine, plus accueillante, plus chaleureuse".
"ENJEU LOCAL"
Elle a dit sa volonté de donner priorité aux classes moyennes et de lutter contre "la fracture sociologique, géographique, politique et électorale" de Paris, où les catégories de population les plus aisées vivent plutôt à l'Ouest, et les plus défavorisées côté Est.
Marielle de Sarnez, qui présentera son programme en détail dans une semaine, veut oeuvrer pour le logement, de meilleurs transports et organiser un "Grenelle" du commerce et de l'artisanat. Elle envisage aussi des Etats généraux, éventuellement assortis d'un référendum, sur la question du "grand Paris".
L'élue centriste a plaidé pour un "changement de gouvernance" qui ne serait plus dépendante du clivage droite-gauche, estimant qu'"une gouvernance où 50% des citoyens sont laissés de côté n'est par une gouvernance moderne".
Marielle de Sarnez s'est également démarquée de ceux qui, au PS et l'UMP, pensent que les élections municipales constitueront un test national pour l'équipe au pouvoir.
"Ils se trompent. Ce que les habitants attendent de nous dans cette campagne, c'est qu'on parle de leurs problèmes, pas des problèmes des partis politiques ou des étiquettes", a-t-elle estimé. "Pour moi, c'est d'abord un enjeu local".
Le matin même, Jean-Marie Cavada, dernier en date à avoir quitté le camp du président du MoDem François Bayrou, avait lancé dans un café du XIIe arrondissement son propre "forum d'action politique", intitulé "Avenir démocrate".
L'ancien animateur de télévision se présente dans le XIIe avec le soutien de l'UMP sur une liste où figure la ministre de l'Economie, Christine Lagarde.
"Ce n'est pas très correct d'essayer de semer la confusion dans l'esprit des gens en disant 'le démocrate c'est moi'", a estimé Corinne Lepage, qui sera candidate contre lui.
Marielle de Sarnez a déclaré pour sa part qu'elle n'arriverait "jamais à comprendre comment quelqu'un peut renier ses convictions profondes pour un bout éventuel de portefeuille ministériel".
publié sur Challenges.fr
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