Sylvie Cancelloni, membre du Modem de Puteaux et élue "Puteaux Ensemble", siège au conseil d'administration du Centre Communal d'Action Sociale de Puteaux. Elle publie sur son blog un compte rendu de la première réunion du CCAS :
Comme partout en France, le CCAS (Centre Communal d'Action Sociale) est un établissement public qui a pour mission de mettre en œuvre la politique sociale délibérée par le Conseil Municipal de Puteaux. Au cours de mon mandat, j’aurais donc à cœur de prendre avec vous la mesure et l’ambition de la politique sociale de notre ville et d’identifier si elle répond à ses besoins et à ses enjeux.
Les grandes lignes de la réunion du 9 Avril 2008
Pour sa première réunion, le CCAS s’est d’abord doté d’un nouveau Conseil d’administration : 4 élus, dont moi-même comme seul membre de l’opposition, et 4 représentants d’associations : l’UDAF (Union départementale des Associations Familiales), l’ADEP (Association d’Entraide des Polios et Handicapés), l’Age d’Or (association putéolienne d’entraide et de solidarité) et l’association des Equipes Saint Vincent. Belle diversité, sur laquelle j’observerais cependant que la représentante de l’ADEP, tout à fait qualifiée au demeurant, est une proche collaboratrice du Maire de Puteaux, et que les deux dernières associations me semblent –sous réserve de confirmation – dépendre pour la quasi-totalité de leurs ressources, des subventions municipales. Belle diversité donc, mais une capacité d’autonomie et d’expression d’indépendance qu’il nous faudra évaluer dans le temps…
La plus grande partie de l’ordre du jour tourne sur les questions classiques d’aide sociale : secours, portage à domicile pour personnes isolées ou en difficulté, montant des bons d’alimentation, cadeau aux personnes âgées… D’une manière générale, la ville fait de louables efforts pour répondre aux situations d’urgence, en particulier là où aucune forme de solidarité ultime n’existe .
Les secours d’urgence correspondent aux aides de dernier recours : une enveloppe maximale de 800E/demandeur/an est adoptée. Je relève toutefois que s’il y a enquête sociale préalable, les raisons du secours ne sont pas évoquées sur le compte rendu et qu’il est fort souvent réglé en espèces… La conformité de l’usage de l’aide avec son objet est donc délicate à évaluer… Mais difficile de voter contre l’aide à son prochain pour des questions de forme ! Les bons alimentaires pour des personnes en difficulté sont, quant à eux, revalorisés, passant de 20 à 50E : une bonne décision quand on sait ce qu’on peut acheter avec 20E !
Les portages à domicile : la ville évoque l’augmentation préoccupante des demandes et son souci de répondre au plus près aux besoins, insistant sur le fait que pour beaucoup de ces personnes, le livreur de repas est bien souvent la seule visite de la journée. Compte-tenu de l’envolée des besoins de financement pour cette action et de la dimension de relations humaines qu’elle impose, je pose la question du recours aux sociétés de « services de proximité » : peut-on réfléchir à un cahier des charges et examiner qui, de la collectivité locale ou de l’entreprise extérieure, serait à même de le réaliser dans les conditions optimales ? L’idée est acceptée d’y réfléchir tranquillement.
Le cadeau aux personnes âgées, suspendu cette année en raison de la campagne électorale, est évoqué. J’exprime pour ma part ma préférence à des bons d’achat chez les commerçants de Puteaux. Mais le cadeau est une « institution », les personnes âgées sont attachées à un « objet », l’habitude est prise de longue date,ect… Sous réserve d’un inventaire plus complet de la légitimité, du principe et de la forme de ce cadeau, je m’incline de bonne grâce devant le choix proposé.
Mon commentaire
La ville de Puteaux a doté son CCAS d’un véritable trésor de guerre : 4.000.000 euros , destiné à financer des actions en faveur des personnes âgées, des personnes handicapées, des personnes en difficulté, de la famille et de la petite enfance.
Avec un tel niveau de ressources, il me parait essentiel de réfléchir à la différence entre l’« aide sociale » telle que nous pratiquons et une « politique sociale » telle que nous pourrions la développer.
Car lutter contre les précarités évoquées et les corriger est bien sûr fondamental. Mais il tout aussi essentiel d’assortir l’aide d’urgence d’autres dispositifs qui, à plus long terme, favorisent l’autonomie des personnes et la recherche de solutions par l’accompagnement plutôt que par le don ponctuel. Des pistes nombreuses existent : nous aurons l’occasion d’y revenir…
L’aide sociale de demain se fera par l’imagination et l’innovation plus que par la reconduction de « recettes » qui soignent, tant bien que mal, le symptôme plus que la cause. On voit partout, chez Emmaüs, au Secours Catholique, au CCFD et ailleurs des formes nouvelles de solidarité qui s’appuient sur l’économique et qui nécessitent l’engagement conjoint d’acteurs privés, publics ou citoyens. Il me parait essentiel que Puteaux puisse, dans des projets à choisir, manifester son intérêt et sa capacité à conjuguer de façon renouvelée entraide, responsabilité et long terme.
Dans cette perspective, notre ville doit pouvoir s’appuyer sur les sources de propositions que sont les associations. Une politique sociale ne peut se concevoir qu’en les intégrant. Il ne suffit pas d’en subventionner : il faut se les associer. Ainsi, des répartitions de rôles, des partenariats, des coopérations pourront se concevoir, car rien ne peut se faire tout seul. Il faut, pour que des projets naissent, un dialogue ouvert et des habitudes de rencontre. Là aussi, l’inventaire reste à faire…et les initiatives à susciter !
Source http://www.sylviecancelloni.net/